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PRINCIPES SOLIDAiRES DE TRAVAIL
Des organisations de producteurs
Au niveau organisationnel:
Les artisans dans le cadre de leur collaboration avec COSART travaillent de forme organisée, ont des pratiques démocratiques, sont autonomes, solidaires, ouverts et respectent la complémentarité de genre propre aux communautés rurales andines, qui correspond à l’égalité dans les zones urbaines.
Cette forme solidaire de travail permet une récupération ainsi qu’un maintient et une valorisation des anciennes valeurs andines (l’Ayni et la Minka) encourageant la solidarité et l’inter apprentissage à l’intérieur des groupes.
Les formes d’organisations ont un lien avec les organismes d’origine (correspondant en général aux Comités Artisanaux) pour s’intégrer de façon naturelle à l’idiosyncrasie des communautés et des quartiers, en les intégrant éventuellement à des organismes supérieurs.
Le fait de travailler sous une forme organisée permet aux artisans, entre autres aspects, de défendre un prix plus juste pour leurs produits, et leur permet également de trouver en groupe des solutions à des problèmes pas nécessairement liés directement à la production et à la commercialisation. Les espaces qui se créent à partir de ces groupes organisés se transforment donc en espaces alternatifs économiques mais aussi « espaces de vie ». Il ne s’agit pas que ce soit uniquement des espaces de production ou de vente, mais également des “espaces refuges », qui représentent également un pont pour accéder à d’autres opportunités et gagner une certaine auto estime.
Au niveau de la production:
La production se réalise sous forme organisée et collective et valorise certains principes essentiels tels que:
- la récupération culturelle des motifs traditionnels combinés à d’autres caractéristiques plus fonctionnelless et plus modernes pour une meilleure adaptation au marché,
- l’utilisation de matières premières locales allant dans le sens d’un développement local (fibres animales et végétales, bois, os, herbes natives, terre, paille, écorces, teintes naturelles, etc.),
- un respect pour l’environnement naturel,
- une qualité et une homogénéité dans les produits.
a production d’artisanat sous ces principes a pour objectif de savoir valoriser ce dont ont dispose localement, générer son propre emploi à partir de ses propres moyens, avec dignité, orgueil et autoestime, et enfin de permettre que le travail collectif génère un inter apprentissage et un travail de qualité.
Au niveau de la commercialisation:
COSART considère qu’il est important que les producteurs, malgré leur collaboration avec COSART, se maintiennent autonomes et indépendants aussi bien:
- de l’activité artisanale, étant donné que l’activité de production d’artisanat est une activité complémentaire (parallèle au travail de la terre, à l’élevage, à tenir une boutique, etc.) ; il est important en effet que les producteurs diversifient leurs revenus.
- du marché que représente COSART, étant donné que malgré leur collaboration avec COSART, il ne s’agit pas que les producteurs se détachent de la réalité locale, mais plutôt qu’ils continuent à vendre sur le marché local, et qu’ils cherchent d’autres marchés que ceux de COSART, en apprenant peu à peu à défendre un prix plus juste et de meilleures conditions de commercialisation pour leur artisanat. En développant ces nouvelles compétences les producteurs atteignent de nouvelles opportunités.
Les producteurs gagnent une certaine dignité en calculant un prix plus « optimal » pour la vente de leurs produits, prenant en compte certains éléments basiques pour leurs calculs, tels que par exemple le coût de la matière première et le temps dédié à la production. Dans la mesure du possible, est ajouté à ce calcul un montant représentant la « valeur culturelle ». Il s’agit de faire que peu à peu s’établisse un prix plus digne sur le marché local et national, en évitant notamment les intermédiaires non indispensables.
Au niveau de la répartition des revenus:
Une part des revenus des ventes sert à apporter au développement local, aussi bien au niveau des groupes de producteurs, que au niveau de leur communauté ou de leur quartier. Aussi se mettent en place:
- une épargne interne à hauteur de 5% du revenu total des ventes, qui représente la petite “banque” interne au groupe. Cette épargne peut être utilisée par exemple dans certains cas d’urgence (santé, voyage, etc), pour des prêts internes au groupe, pour l’achat en gros de matières premières pour tout le groupe, pour des activités de cohésion du groupe et de ses familles (voyage, Noêl,etc.), etc. Chaque groupe définit la pertinence de l’usage de cette épargne.
- Un fond solidaire pour la communauté ou le quartier à priori à hauteur de 5% du revenu total des ventes, pas nécessairement en argent. Le groupe et la communauté décident de l’achat ou du service qu’ils considèrent comme étant le plus adécuat pour la communauté ou le quartier.
A partir de ces mécanismes de développement local et solidaire sont revalorisés les principes traditionnels de l’Ayni et de la Minka propres aux communautés andines, pour le bien de tous, de la communauté ou du quartier.
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